Jacques Martinez

En pays de connaissance
Voici, en avant-première et en mise en bouche de l’exposition que j’organiserai à partir du 7 février 2013, ce bref et joli texte lu dans « Elle » sur « Espagnol de merde » ou la véritable et longue histoire des cinq saisons, le livre que Jacques Martinez vient d’écrire sur son travail des cinq dernières années, ainsi que sur ce qu’il appelle ses réponses aux notions de terre, de religion, d’artiste…
Je suis, et je pense que vous serez peut-être aussi « en pays de connaissance », comme le dit si bien Martinez, avec les pensées, les constats, les passions, les dégoûts qui animent cet homme à l’humour décapant et au courage tranquille (il n’est pas facile ne pas penser comme tous ceux qui mènent le monde sur ces trois sujets), qui nous invite à une belle promenade dans l’Europe de la géographie et du temps.
Enfin, peu de livres ou peu d’artistes savent à ce point nous faire partager ce qu’a de mystérieux, de bouleversant et de fondamental l’acte créatif.
Hélène Jourdan-Gassin

« Espagnol de merde » ou la véritable et longue histoire des cinq saisons,
Bernard Grasset, Paris

Bodegón
Lorsque j’avais rendu visite à Jacques Martinez, en prévision du texte que je devais écrire pour sa précédente exposition en 2007, revenant sur mes pas après avoir regardé l’ensemble de tableaux qu’il avait appelé Les Cinq Saisons, et après voir examiné leur composition complexe, je m’étais attardée, dans un passage où elles étaient stockées, devant des toiles au motif beaucoup plus simple : une sorte de bulbe, se terminant en haut pas une tige, appliqué dans une matière un peu épaisse et grumeleuse, et se détachant avec netteté sur un fond de couleur neutre(gris/noir) et lisse. Depuis longtemps, je suis intéressée par ces micro-contrastes d’épaisseur avec lesquels jouent certains peintres. Sans doute, depuis l’époque lointaine où j’ai découvert de quels très bas-reliefs étaient issues ce que nous appelons les sculptures de Donald Judd, et que celui-ci préférait appeler « specific objects ». J’aurais dû m’en immédiatement, ces peintures de Martinez sont devenues des sculptures. Accompagnées de photographies et de dessins, ce sont elles qui constituent la nouvelle exposition, intitulée Bodegón.
(…)
Catherine Millet volume one

 

Bodegon  #5, bronze
hauteur 54cm, largeur 40cm, profondeur 48cm

 

Bodegon, sculpture #9 Bronze, 2007
Hauteur : 57cm, largeur : 20cm, profondeur :25cm